Palavas, première ville de France à inaugurer une plaque dédiée à la reconnaissance des femmes d’honneur !

25 novembre 2014
Christian Jeanjean
Palavas, première ville de France à inaugurer une plaque dédiée  à la reconnaissance des femmes d’honneur !

Samedi dernier, nous avons planté un olivier et installé une plaque dédiée aux femmes d’honneur Palavasiennes, reconnaissant ainsi leurs rôles et leurs actions pour notre ville et ses habitants. Chaque année, de nouvelles femmes seront mises en avant pour rendre hommage à leurs actions en faveur de Palavas.

Nous avons ainsi rendu hommage à :

Annie HUGONE épouse RENOUVIN 
Résistante durant la Seconde guerre mondiale

Avec sa maman Marguerite, sa sœur Suzy et ses deux tantes : Paulette et Rose-Marie, elle s’engage dans la résistance au sein du Mouvement Combat.

Elles cachent des juifs (en tout, une centaine) dans les magasins à filets des pêcheurs, de Palavas à Maguelone et elles distribuent les tracts du Mouvement Combat.

En mars 1943, Marguerite, Paulette et Rose-Marie seront arrêtées par la gestapo et enfermées à la 32ème de Montpellier, caserne située à cette époque : cours Gambetta. Elles échappent de justesse aux camps de concentration grâce à l’intervention de leur amie Rose Jorin.

Le 19 mai 1945, Marguerite Hugone a été la première femme à être élue : 1ère adjointe à Palavas.

Madame LEVERE
Institutrice

« Dans cette commune depuis deux ans s’y est toujours comportée avec honneur et probité, qu’elle y est très nécessaire vu le grand nombre de jeunes filles du village et que non contente de recevoir des payantes elle a bien voulu, de son propre mouvement, en recevoir plusieurs gratuitement, voulant se rendre utile et venir au secours des indigentes familles et qu’en considération de ses peines et des bienfaits qu’elle s’est imposée volontairement, le conseil municipal lui alloue la somme de 100 francs à titre de gratification ».

(22 janvier 1861) 

Sabine ZLATIN
Oeuvre de Secours aux Enfants juifs lors de la Seconde guerre mondiale

Environ 400 enfants, extraits des camps du sud de la France, avec l'aide de Sabine Zlatin, ont trouvé refuge au solarium marin, lieu de la liberté retrouvée pour nombre d'enfants juifs. Ils sont plusieurs centaines à avoir transité par l'ancien solarium marin de l'OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants) de 1941 à 1942.

Le mercredi 26 août 1942, obéissant aux ordres du Gouvernement de Vichy la gendarmerie nationale débarque à Palavas à 6 heures du matin pour procéder à l’arrestation des juifs.  Les familles ont été rassemblées sur la place de l’Eglise et entassées dans des fourgons militaires pour destination inconnue… Il faut dès lors précipiter le départ des enfants vers un autre lieu.

Dans la hâte de sa dispersion générale, l’OSE qui avait placé 17 enfants à Campestre, les avait oubliés. Considérant ces enfants en danger, la préfecture de l’Hérault demande à Sabine de s’en charger. Elle part avec son époux Miron et les 17 enfants à Chambéry. Elle se met en recherche d’une maison pour les accueillir tous.

Elle choisira une bâtisse située à Izieu, désignée « Colonie d’enfants réfugiés de l’Hérault ». D’autres enfants les rejoignent.

La suite, on la connaît… 34 enfants et 4 adultes ont été déportés le 13 avril directement à Auschwitz.  10 autres enfants, Miron Zlatin et 2 adultes ont été envoyés à Drancy et l’ont quitté pour être à nouveau déportés le 15 mai à Auschwitz.

La guerre finie, Sabine Zlatin a repris son métier d’artiste peintre et a donné de nombreuses conférences. Son époux a été fusillé le 31 juillet 1944 à Tallinn (actuellement Reval) en Estonie. Elle l’apprendra beaucoup plus tard.

Sabine Zlatin a déposé au procès de Barbie, à Lyon en 1987. Elle est décédée le 21 septembre 1996 à Paris.

Georgette JOURDAIN
Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur
et dans l’Ordre National du Mérite et grande figure de la résistance

Georgette Jourdain, Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur et dans l’Ordre National du Mérite a quitté le monde comme elle le souhaitait : avec la modestie du bon aloi qui la caractérisait.

Elle parlait peu de son action passée et jamais elle n’avait accepté d’écrire ses souvenirs disant tout simplement : « ce que j’ai fait, je l’ai fait pour la France ».

En 1936, elle avait alors 21 ans, elle est promue déléguée du personnel des usines Renault. En 1940, les forces d’occupation sont nombreuses dans la région parisienne et la jeune femme ressent aussitôt la menace de la police allemande qui pèse sur elle. Elle commence à vivre dans une semi-clandestinité. Proche  du   réseau  Valmy, elle transporte des armes pour le compte de la Résistance et même, à plusieurs reprises, fait parler le plastic.

Elle évite une première fois, une souricière tendue par la Gestapo mais elle est un peu plus tard, arrêtée en possession d’armes, puis internée dans la sinistre prison de Fresnes, le 23 octobre 1942. Jugée par un tribunal allemand, elle est condamnée à mort.

Sa peine est commuée en déportation avec la qualité « NN » (Nacht unt Nebel – Nuit et Brouillard). Ce que peu de monde savait en juillet 1943, c’est que ces déportations dans les camps étaient programmées par les nazis pour être sans retour.

A Ravensbrück puis à Mauthausen, la détenue restera isolée dans un block de condamnés à mort. Le moment tant redouté arrive, Georgette Jourdain se retrouve dans la chambre à gaz avec ses camarades. Au bout de 7 heures, elles sont renvoyées dans leur block car le train qui transportait les bombonnes de zyklon, le gaz destiné à la « phase finale », a été bombardé, ce qui en a empêché la livraison…

Le 28 avril 1945, les chars américains ont mis fin à ce terrible cauchemar.

Les épreuves passées n’ont été qu’un intermède dans la vie de cette grande dame qui a repris l’action sociale, sa véritable vocation.

Elle a milité dans l’association de Geneviève de Gaulle où elle a côtoyé Michel Debré, Jacques Chirac et bien d’autres.

Retraitée, elle s’est investie dans la commune de Palavas-Les-Flots pour fonder un restaurant du 36ème âge.

Malgré ses multiples invalidités, elle a, tant que ses forces le lui ont permis, accompagné les Anciens Combattants lors de nombreuses manifestations patriotiques.

CHANTAL GUIOT
Brigadier Chef

Chantal nous venait d’Antibes. Elle exerçait sur la Côte d’Azur et notre Village l’a attirée. C’est ainsi que nous avons accueilli au Poste de Police Municipale une jeune femme qui tout de suite, par sa simplicité et sa gentillesse a su conquérir l’ensemble de ses collègues qu’ils soient de son service ou pas.

Très vite, elle a fait l’unanimité à Palavas. Son sens des responsabilités lui permettait de dénouer les situations les plus délicates qu’elle savait résoudre certes avec fermeté mais sans jamais se départir de cette gentillesse qui la caractérisait.

Intègre, son charisme et ses compétences étaient reconnus et appréciés de tous tant au sein de la population, qu’au sein de l’administration.

Chantal, c’était l’autorité dans un gant de velours, et la psychologie dont elle faisait preuve au sein de ses fonctions, lui donnait le sens de la mesure et lui permettait d’être un Brigadier Chef respectable et respecté.

Certains diront : « elle nous a quitté en 2007 » sauf que, Chantal a tant semé dans nos cœurs, elle a tant marqué nos esprits, qu’elle ne nous a pas quittée. En 2011 nous donnions son nom au poste de Police Municipale. Aujourd’hui encore, nous l’honorons comme il se doit pour ses mérites, et ses grandes qualités humaines.

Marie-Thérèse SENTIS
Pilier de l’Oeuvre Montpellieraine des Enfants à la Mer

L’institut Marin Saint-Pierre est né d’un acte de foi.

Marie-Thérèse Sentis est une pionnière, celle qui a vraiment écouté le professeur Estor. Celui-là même qui, pendant la guerre de 14/18, alors que tous les jeunes médecins sont au front, se dépense sans compter pour les malades de l’Hôpital général et du service infantile de Saint-Eloi.

Pour faciliter grandement le traitement des enfants souffrant de rachitisme, de la maladie de Pot, de coxalgie…, le professeur Estor décide d’envoyer les enfants à la mer. Mais les combats font rage sur la mer du Nord et sur la Manche où sont implantés les seuls sanatoriums susceptibles de les accueillir.

Aussi, le professeur Estor envisage d’envoyer les enfants à Palavas. Cependant tout reste à faire pour mener à bien ce projet et l’argent manque. Mademoiselle Sentis relève le défi. Elle entreprend une quête et en huit jours, ils sont à la tête d’une petite fortune…

Ainsi, à partir du printemps 1917, une carriole peut amener une douzaine d’enfants malades jusque dans une baraque de foire montée sur la plage, et les ramener le soir à Saint-Eloi.

Mademoiselle Sentis racontera : « la carriole était traînée par un vieux cheval noir. On prenait en passant Sœur Angélique au Service Militaire de Chirurgie orthopédique à l’Hôpital Saint-Charles, et une marmite de soupe. Les pêcheurs de Palavas y ajoutaient du produit de leur pêche : déjà la solidarité de Palavas fonctionnait très bien. Le soir, la carriole rentrait à Montpellier avec tout ce petit monde. Pas de prix de journée, pas de comptabilité, il n’y avait pas encore de bureau des entrées. »

L’œuvre Montpelliéraine des Enfants à la Mer qui préside toujours aux destinées de l’établissement venait de naître et, avec elle, le futur Institut Marin-Saint-Pierre. Marie-Thérèse, si humble, si discrète, sera le pilier de l’Association de l’OMEM. Elle y consacrera toute sa vie et décèdera en 1968.


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